1859, ou le point de départ d'une découverte majeure pour l'histoire de Lyon (et de l'histoire tout court)
L'histoire commence en 1859. A cette époque, Lyon est en plein réaménagement, et des travaux fleurissent un peu partout en ville. Il y a d'ailleurs un chantier qui retiendra davantage notre attention : celui du tunnel ferroviaire creusé près de la montée de Choulans, sur les flancs de la colline de Sainte-Foy-lès-Lyon. Mais alors que les ouvriers progressent à bon rythme, une découverte majeure les stoppe net. Là, dans les gravats, se tient le premier squelette complet de mammouth, mythique pachyderme aujourd'hui disparu.
Aux commandes des opérations ? Un certain Claude Jourdan, médecin et paléontologue, bien conscient de l'ampleur de cette découverte. Si l'envie d'exposer ce précieux témoignage historique est dans tous les esprits, ce n'est malheureusement pas ce qui va se passer, puisque le squelette va connaître bien des galères...
Un mammouth bien malchanceux
Une fois que le squelette est trouvé, il sera entreposé dans les caves du Musée Saint-Pierre, aujourd'hui Musée des Beaux-Arts. Et après plus de 13 ans sans voir le jour, les restes de l'animal sont enfin recomposés, grâce à une levée de fonds organisée par la Société Lyonnaise des Amis des Sciences Naturelles. Enfin, ça y est : en 1872, le squelette va pouvoir faire rêver les Lyonnais, et les passionnés d'histoire du monde entier. Sauf que non, finalement : en 1874, la nature s'en mêle, puisqu'un orage éclate, détruisant la verrière sous laquelle le fossile est entreposé. Pas de chance.
Le squelette sera finalement déplacé au Musée Guimet, avant d'être démonté pendant la Seconde Guerre mondiale, pour éviter d'être détruit sous les bombardements.
Un détail surprenant de l'anatomie de l'animal
Est-ce que la chance va enfin tourner pour notre brave squelette ? Hé bien toujours pas, puisqu'un nouvel orage lui tombe dessus en 1955. Résultat : fermeture du musée, restaurations et, en 1963, une découverte insolite lors d’une expertise… Ses défenses avaient été montées à l’envers ! Après un long séjour en stockage en 2002, il refait enfin surface en 2014 au musée des Confluences, où il trône fièrement dans l’exposition Origines, les récits du monde.
Mais ce rescapé du passé cache un secret bien gardé : selon une expertise menée en 2011, à peine 27,6 % de son squelette est authentique. Le reste ? Un assemblage habile de bois sculpté, de plâtre, de papier mâché et même de terre cuite. Un véritable puzzle préhistorique, mais une icône lyonnaise indétrônable, qui continue de captiver les visiteurs près de 160 ans après sa découverte.